La suppression du PASS et de la LAS inaugure une révolution dans les études de médecine. À compter de la rentrée 2027, ces deux voies d’accès seront remplacées par une licence unique, la licence portail santé. Cette réforme universitaire majeure, qui vise à simplifier et harmoniser le parcours médical, se traduit par :
- La création d’un cursus unique pour intégrer les filières santé (médecine, pharmacie, odontologie, maïeutique) ;
- Une organisation académique nationale encadrée, avec un classement harmonisé des candidats ;
- Un processus d’orientation étudiante simplifié, avec des chances multiples de candidature.
Examinons en détail comment cette licence unique transforme l’accès à la médecine et redessine la formation médicale en France.
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Pourquoi la réforme universitaire remplace le PASS et la LAS par une licence unique
Le système en place depuis 2020, avec ses deux voies d’accès PASS (Parcours d’accès spécifique santé) et LAS (Licences accès santé), s’est révélé complexe et inégalitaire. En 2024, 21 % des bacheliers souhaitant rejoindre une filière santé s’y inscrivaient, mais ils faisaient face à une offre fragmentée : environ une centaine de parcours différents disponibles en Île-de-France seulement, composés de règles spécifiques propres à chaque université.
Ce dédale semait la confusion et demandait aux lycéens et à leurs familles de comparer des formations variées, avec des taux de réussite très différents. Par exemple, l’admission en deuxième année se partageait initialement à parts égales entre PASS et LAS, mais a basculé à 70 % pour le PASS et 30 % pour les LAS, où le taux de validation du premier semestre en médecine était de 40 %, contre 80 % côté PASS.
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Ceux qui s’engageaient en PASS sans réussite n’avaient pas la possibilité de redoubler ; ils devaient changer de voie, ce qui rallongeait inutilement leur parcours. La Cour des comptes évaluait à 63 % la proportion d’années perdues dans ce système, même si elle restait inférieure aux 79 % sous le modèle PACES antérieur.
La réforme universitaire vise donc à instaurer une voie unique plus lisible, équitable et adaptée à la réussite des étudiants, conformément aux recommandations des doyens et des associations étudiantes.
Les éléments-clés de la licence portail santé : un parcours unique et nationalisé
Cette licence unique, d’un volume de 60 ECTS, s’articule autour de trois blocs :
- Bloc Santé (24 à 30 crédits) : enseignement assuré par la faculté de santé, axé sur les sciences médicales ;
- Bloc disciplinaire (égal en poids au premier) : la majeure choisie parmi les sciences, le droit, l’économie, la psychologie, les STAPS, ou les soins infirmiers ;
- Bloc transversal (6 à 12 crédits) : compétences transversales, expression écrite et orale, découverte des métiers du secteur santé.
Le classement des étudiants se fera en deux étapes : d’abord selon l’ensemble des notes des blocs santé et disciplinaire, puis en cas d’égalité, sur la seule note du bloc santé. Grâce à ce système, chaque bachelier formule une seule candidature sur Parcoursup, simplifiant considérablement le choix.
Offrant deux chances pour intégrer la deuxième année (à l’issue de la première et de la deuxième année de licence), la licence portail santé permet aussi le redoublement une fois, à condition d’avoir validé au moins 70 % des crédits dans chaque bloc – une mesure qui replace l’étudiant au cœur de son projet, sans l’obliger à changer de filière.
| Caractéristique | Situation PASS/LAS | Licence Portail Santé |
|---|---|---|
| Nombre de voies d’accès | 2 (PASS et LAS) | 1 voie unique nationale |
| Organisation universitaire | Multiples règles par université | Cadre national harmonisé |
| Possibilité de redoublement | Interdite en PASS, possible en LAS | Redoublement autorisé avec conditions |
| Répartition des places en 2e année | 70 % PASS / 30 % LAS | Au moins 80 % issus de 1ʳᵉ année, 20 % issus de 2ᵉ année |
| Nombre de candidatures | Multiples candidatures nécessaires | 1 candidature unique avec sous-voeux multiples |
Les conséquences de cette réforme sur le parcours médical et l’orientation étudiante
La suppression du PASS et de la LAS transformera profondément l’expérience des futurs soignants. Plutôt que de choisir entre deux portes et de naviguer dans des dizaines de parcours différents, les étudiants emprunteront désormais un couloir unique, facilitant la gestion de leur orientation.
Cette simplification désengorgera les amphithéâtres universitaires et permettra un meilleur pilotage des effectifs. À Paris Cité, par exemple, il faudrait anticiper une trentaine de postes supplémentaires pour absorber la demande croissante. Le risque inverse, c’est un resserrement des places en première année faute de recrutements, ce qui reste un point d’attention crucial.
Par ailleurs, la réforme prévoit une ouverture plus large aux passerelles, notamment pour les titulaires d’une licence cherchant à intégrer le secteur santé en cours de parcours, soutenant ainsi les vocations tardives. Le suivi des étudiants sera renforcé, grâce à l’harmonisation des critères, limitant le stress et l’opacité dénoncés par les associations.
Signalons cependant que certaines filières, comme la kinésithérapie, ne sont pas encore intégrées à cette nouvelle porte d’entrée, même si leur intégration est prévue à terme. La pharmacie fait actuellement l’objet d’une expérimentation spécifique afin d’améliorer le recrutement de ses étudiants.
Un parcours simplifié, plus juste et durable
Par ce changement, les universités devront adapter leurs maquettes pédagogiques pour que chaque bloc ait un poids clair et comparable d’un campus à l’autre. Le poids précis et la liste des mentions ouvertes seront annoncés dans un arrêté à venir, avec une grande liberté laissée aux facultés dans l’organisation des oraux facultatifs.
Ce nouveau dispositif donnera enfin un cadre stable et unique permettant un suivi optimal des étudiants, avec deux chances d’admission en deuxième année et la possibilité de redoubler dans la même mention. Cela réduit les années perdues, facilite une meilleure orientation dès le début et reflète une réelle volonté de mettre l’étudiant au centre de sa formation médicale.
| Indicateur | Système PASS/LAS | Licence portail santé |
|---|---|---|
| Taux d’années perdues | 63 % (2024) | En baisse attendue, objectif d’amélioration |
| Chances d’intégration en 2ème année | 1 seule tentative principale | 2 tentatives distinctes (fin de 1ère et 2ème année) |
| Harmonisation du classement | Variable selon université | Classement uniforme national |
| Orientation à l’issue de la première année | Changement de voie obligatoire en cas d’échec | Poursuite dans la même mention possible |
Perspectives et enjeux pour les futurs étudiants en médecine
Pour les lycéens qui se préparent à intégrer les études de santé, cette réforme offre une porte d’entrée clarifiée et une meilleure information sur les parcours possibles. Le nouveau système facilite la construction d’un projet professionnel cohérent et moins aléatoire. L’orientation étudiante gagne en transparence, supprimant la complexité qui freinait nombre de jeunes candidats.
Faire ce choix éclairé est désormais plus accessible, notamment grâce à la standardisation du classement et la possibilité de candidatures multiples dans la même licence. Les questions liées au coût de la formation, si souvent un frein en médecine, seront aussi plus simples à anticiper par les familles avec un cursus uniforme.
Pour approfondir ces changements, je vous invite à consulter des analyses sur la formation médicale moderne et à découvrir les témoignages d’étudiants engagés dans cette transformation fondamentale.




